Hypnologue, hypnothérapeute, hypnotiste, hypnotiseur, praticien en hypnose : quelles différences ?

Bien souvent, lorsque je me présente comme hypnologue, les gens me questionnent : quelle est la différence avec un hypnothérapeute ? avec un hypnotiseur ? ou encore, avec un praticien en hypnose ? Je dois l’avouer, on m’a même demandé la différence avec « hypnoseur ».

Pour répondre à cette question, il faut faire un distinguo entre « dénotation » et « connotation ».


I/ Dénotation


Au niveau de la dénotation, c’est-à-dire au niveau du sens « objectif », parler d’un hypnothérapeute, d’un hypnologue, d’un hypnotiste, d’un hypnotiseur ou d’un praticien en hypnose : c’est, dans le domaine de l’accompagnement, la même chose. Ces mots ont la même significationAucun de ces termes ne peut assurer que l’accompagnant ait suivi une formation sérieuse. Il est donc important, si on ne veut pas se retrouver face à quelqu’un d’incompétent, de s’intéresser davantage à la formation suivie par le professionnel plutôt qu’à sa façon de se faire appeler.

Son cursus dépasse-t-il, au minimum, 200 heures de formation ? Son centre de formation semble-t-il reconnu ? Est-ce une école qui investit dans la recherche sur l’hypnose ? Une école qui a une charte éthique ? Etc…

Sachez qu’il vous est tout à fait légitime de poser ce genre de question à votre hypnothérapeute/hypnologue/hypnotiseur…


II/ Connotation

Maintenant, si on veut quand même se faire un avis sur la différence entre un hypnothérapeute, un hypnologue ou un hypnotiseur, il faut se mettre du point de vue de la connotation. C’est-à-dire qu’on s’intéresse à « tout ce qu’évoque un mot, une expression, indépendamment de sa signification ».


Le terme le plus connu est sans doute celui d’hypnotiseur. Quand on parle d’hypnotiseur, on parle plus souvent d’un hypnotiseur de rue ou d’un hypnotiseur de spectacle que d’un hypnotiseur d’accompagnement. Le plus souvent, les accompagnants qui utilisent le terme d’hypnotiseur viennent du milieu du spectacle (ou ils y sont, tout au moins, assimilés).

Mettons en lumière le terme d’hypnothérapeute. J’ai, pour expliquer mon métier, à plusieurs reprises, fait l’expérience d’utiliser le terme d’hypnothérapeute et, fréquemment, mes interlocuteurs me confondaient avec un professionnel de santé. Il ne faut pas confondre l’hypnose d’accompagnement (qui permet de travailler sur des problématiques et/ou des objectifs personnels) et l’hypnose médicale (souvent pratiquée par les anesthésistes en milieu hospitalier). Habituellement, l’hypnothérapeute pratique l’hypnose d’accompagnement, et le seul terme d’hypnothérapeute ne confère pas un statut de professionnel de santé.

Le terme d’hypnotiste, lui, nous vient de l’anglais hypnotist. Certains chercheurs de l’hypnose ont essayé de s’en servir justement pour contrecarrer les connotations des deux termes précédents. Mais il faut avouer qu’on ne trouve que très peu d’« hypnotistes ».

On retrouvera aussi le terme de praticien en hypnose, celui-ci insiste sur le fait que l’hypnose est d’abord une pratique, une discipline praticable. Un peu moins utilisé, il permet aussi d’afficher clairement le type d’hypnose que l’on pratique (par exemple « praticien en hypnose ericksonienne »).

Pour finir, le terme d’hypnologue, lui, suggère par le fait de son étymologie (du grec lógos) : il renvoie à la raison, à la logique et à la parole. Personnellement, faisant mon doctorat sur les relations entre les techniques d’hypnose et les techniques d’expression, c’est celui qui m’a semblé le plus proche de ce qu’est ma pratique de l’hypnose. Qui plus est, c’est le terme préconisé par mon syndicat : le Syndicat Des Métiers de l’Hypnose.

Par Élie Pralat, à Valenciennes, le 19/02/2020