Professionnel.le.s de santé : quand conseiller l'hypnose ?

Cet article s’adresse aux professionnel.le.s délivrant des soins qu’ils soient médicaux ou non. Je dois commencer par une confession : j’ai quelques difficultés (et c’est un euphémisme…) avec les personnes qui tentent d’excéder leur domaine de compétences ! Un chirurgien n’opère pas la peur du jugement, un médecin ne prescrit pas un médicament pour augmenter son estime de soi et, de la même manière, un hypnologue ne soigne pas : il accompagne les gens à régler leurs problématiques et/ou à atteindre leurs objectifs (voir la liste des applications de l’hypnose sur la page principale.)

Il est des hypnothérapeutes qui revendiquent leur place au sein du corps médical et, face à cette requête, certains professionnel.le.s de santé répondent que l’hypnose devrait leur être exclusivement réservée : c’est un faux débat… Il est vrai que l’hypnose médicale (tel que l’hypno-analgésie ou l’hypno-sédation) doit être réservée aux professionnel.le.s de santé toutefois celle-ci (tout autant que l’hypnose de spectacle) ne représente qu’une facette de ce qu’est l’hypnose. L’hypnose d’accompagnement, que je pratique, en est une autre. Et si une demande sort du champ de compétence de l’hypnologue, ce dernier saura orienter la personnes vers d’autres professionnel.le.s plus adapté.e.s. Inversement, les professionnel.le.s averti.e.s peuvent orienter des patients dans mon cabinet lorsqu’ils jugent qu’un accompagnement par l’hypnose peut être un bon supplément aux soins.


Pour clarifier cela, je vais énoncer plusieurs exemples qui pourront vous donner un ordre d’idées des situations dans lesquelles vous pouvez supposer qu’il est judicieux d’orienter vers l’hypnose. Pour les milliers d’autres situations possibles, je m’en remets à votre expérience et à vos intuitions : vous savez sans doute déjà quand, pour avancer mieux et/ou plus vite, un autre type de travail est nécessaire.


Exemple pour diététicien / diététicienne :

« Quand je n’ai plus faim je continue de manger, j’ai l’impression que cela m’aide à combler un vide… » Si, face à cette affirmation, vous avez l’impression qu’il pourrait être utile d’inviter la personne à faire un travail sur ce « vide » : l’hypnose est un excellent moyen de travailler sur ce genre de représentations subjectives ayant un impact réel sur nos comportements quotidiens.


Exemple pour dentiste :

« Je ne sais pas dormir sans sucer mon pouce » (ou certains problèmes de bruxisme provoqués par de fortes charges émotionnelles). Si vous déterminez que les comportements gênants peuvent être de nature inconsciente (non maitrisé consciemment : dans le sommeil par exemple), orienter la personne vers un hypnologue lui permettra d’interagir avec des parts plus inconscientes d’elle-même afin de saisir les causes et/ou les motivations des comportements inconscients gênants.


Exemple pour kinésithérapeute / ostéopathe :

« À chaque fois que je vais voir la tombe de mon père, je suis complètement noué, coincé et j’ai besoin de me faire masser. » Si vous avez l’impression qu’en plus d’un travail physique, un travail sur ce qui semble être l’une des causes psychologiques de ces tensions peut être intéressant, l’hypnose est un excellent moyen d’accompagner des deuils et/ou des évènements mal digérés sur le plan émotionnel.


Exemple pour médecin généraliste :

« Je suis complètement malade à chaque fois que j’ai un examen important » ou encore, « J’ai toujours envie de vomir quand je pense à mon ex-mari. » Si vous percevez qu’il peut y avoir une relation entre le symptôme et l’idée, un accompagnement par l’hypnose permettra de mettre au clair les dynamiques émotionnelles et inconscientes impliquées de ces évènements (qu’ils soient dans un passé vécu ou dans un futur imaginé). Cela peut être un bon supplément au traitement du symptôme.


Exemple pour infirmier / infirmière :

« J’ai une peur terrible dès que j’entrevois une aiguille… » Une grande peur irrationnelle, c’est, bien souvent, un apprentissage inconscient, une tentative (bienveillante mais obsolète) de se mettre en sécurité. Si vous voyez que rassurer la personne ne suffira pas, qu’elle continuera de refuser de se faire soigner à cause de cette difficulté, l’inviter à désapprendre cette peur par l’hypnose peut être une bonne décision.


Je pourrais continuer cette liste d’exemples, toutefois, il me semble qu’elle suffit à montrer en quoi l’hypnose peut être une excellente alliée pour vous aider à améliorer le suivi de vos patients.


Si vous avez des questions (sur l’hypnose, sur moi-même, ou sur un cas spécifique d’accompagnement), je vous propose de me laisser un mail (pralatelie@gmail.com), de m’appeler (0647431400) ou encore de nous rencontrer autour d’un café pour échanger sur nos pratiques respectives.

Par Élie Pralat, à Valenciennes, le 07/03/2020